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Une femme amputée de la jambe recevant des soins de physiothérapie

L'histoire de Hiyam : regagner son indépendance

Plus d'un million de personnes ont été contraintes de quitter leur foyer pendant le conflit au Liban l'année dernière. Hiyam Zaatari, femme de 70 ans et mère de trois enfants adultes, était l'une d'entre elles. Lorsqu'elle a trouvé un nouveau logement, le manque d'aide à l'accessibilité l'a confinée chez elle.


« Quand la guerre a éclaté, j'ai tout perdu », raconte Hiyam. « Ma maison, ma mobilité et mon fils. » Hiyam a été déplacée en septembre 2024 et a emménagé dans un appartement exigu et humide au quatrième étage, près du camp d'Ein El Helweh à Saida, dans le sud du Liban.


Hiyam a été amputée de la jambe gauche au-dessus du genou. Sans accès à des aides à la mobilité appropriées, elle ne pouvait ni quitter son appartement ni accomplir seule les tâches quotidiennes.


« Je n'aurais jamais cru quitter cet appartement à nouveau. », dit-elle. « Nous avons emménagé ici parce que c'était tout ce que nous pouvions trouver. Mais vivre ici sans fauteuil roulant, c'était comme être en prison. »


Hiyam décrit les conséquences physiques et émotionnelles de la perte de sa mobilité et de son indépendance. « Je ne pouvais même pas aller aux toilettes sans aide. Je n'avais plus aucune dignité », se souvient-elle. « Mon corps me faisait constamment souffrir à force d'être allongée sur un lit dur. Mais le pire, c'est que je ne pouvais pas me rendre sur la tombe de mon fils. Il est décédé il y a des années, et j'avais l'impression de l'avoir abandonné. »


À la suite de l'appel d'urgence lancé par la Coalition humanitaire pour le Liban, et avec le soutien du gouvernement canadien, Humanité & Inclusion Canada a pu aider Hiyam et 195 autres patients en leur fournissant des services de réadaptation, des aides à la mobilité et une formation pour les aidants.


Hiyam a reçu un fauteuil roulant, une chaise percée et un matelas médical, ainsi que des séances de physiothérapie pour l'aider à utiliser son fauteuil roulant de manière autonome et à réduire le risque de blessures. Ces aides ont changé sa vie : pour la première fois depuis des années, Hiyam a pu se déplacer confortablement et même sortir.


« Quand ils m'ont donné la chaise de toilette, le matelas et le fauteuil roulant, j'ai pleuré », raconte Hiyam. « J'ai beaucoup pleuré, parce qu'enfin, je pouvais à nouveau faire quelque chose toute seule. Je pouvais me déplacer, mieux dormir et respirer plus facilement, et surtout, j'ai pu me rendre à nouveau sur la tombe de mon fils. »


Pouvoir se rendre sur la tombe de son fils était très important pour elle. « Je me suis assise là et je lui ai parlé. Je lui ai dit qu'il me manquait. Ce moment m'a apporté la paix », raconte Hiyam. Elle a ensuite exprimé sa gratitude envers le programme de réadaptation : « Vous m'avez rendu quelque chose que j'avais perdu depuis longtemps, ma liberté et ma capacité à faire mon deuil correctement. Merci de m'avoir vue. »