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Lana sur les marches du centre éducatif, avec sa mère Fatouma debout derrière elle.

L'histoire de Lana : l'éducation est essentielle

Lorsque la guerre civile syrienne a éclaté en 2011, Fatouma avait une petite fille, Lana, et venait de donner naissance à son deuxième enfant. Alors que la frontière était encore ouverte, Fatouma et sa famille ont fui vers le Liban.


La vie en tant que réfugiés était difficile. Fatouma subvenait aux besoins de sa famille en ramassant des pommes de terre, un travail physiquement exigeant et très peu rémunérateur. Après 12 ans passés au Liban et trois autres enfants, la famille vivait toujours dans une tente et avait du mal à joindre les deux bouts.


Pour Lana et ses sœurs, un espace adapté aux enfants situé à proximité a été une source de joie pendant ces moments difficiles. « Mes filles sont très heureuses lorsqu'elles s'y rendent », a déclaré Fatouma. « Je peux également me détendre, car je sais qu'elles sont en sécurité et qu'elles apprennent des choses importantes et utiles. »


Après avoir gradué du programme de l'espace adapté aux enfants, Lana s'est inscrite au centre éducatif d'une église locale. Fatouma dit que l'éducation qu'elle reçoit là-bas a changé sa vie. « Moi, je ne sais ni lire ni écrire », dit Fatouma. « J'aimerais apprendre, mais je n'ai jamais eu le temps ni l'occasion. »


Mais lorsque la guerre a éclaté au Liban en 2023, l'éducation a été suspendue. « Il y a eu de nombreux bombardements dans notre région, mais nous ne pouvions fuir nulle part car nous vivons dans une tente et nous n'avons rien », explique Fatouma. « Nous n'avons même pas de voiture ni d'argent pour louer un logement ailleurs. »


Lorsqu'une bombe a frappé un bâtiment voisin, la tente de Fatouma a pris feu alors que sa famille se trouvait encore à l'intérieur. « Nous étions encore sous le choc des bombardements, et j'ai même été blessée à la jambe par un éclat d'obus », se souvient-elle.


Fatouma, Lana et le reste de la famille ont échappé à l'incendie, mais ils ont perdu leur maison, leurs économies et tout ce qu'ils possédaient. « Nous avons fui notre tente sans même mettre nos chaussures », raconte Fatouma. « Ce que je porte aujourd'hui, alors que je vous parle, quelqu'un me l'a donné. »


L'espace adapté aux enfants et le centre éducatif ont fermé à cause du conflit, ce qui a été dévastateur pour les enfants de Fatouma. « Ils ont beaucoup souffert psychologiquement et émotionnellement, à cause de la peur des bombardements et de notre déplacement », reconnaît-elle. Lana est allée travailler dans les champs avec sa mère, mais elle n'a jamais perdu de vue son rêve de continuer à étudier.


L'église a pu aider la famille de Fatouma d'autres manières pendant la fermeture du centre éducatif. Avec le soutien de la Banque canadienne de céréales alimentaires et de la Coalition humanitaire, l'église a aidé la famille de Fatouma à reconstruire sa tente, à la meubler et à acheter des produits de première nécessité comme du riz et de l'huile de cuisson.


Plus tard, lorsque le centre éducatif a réouvert après le cessez-le-feu, Lana a supplié ses parents de la laisser y retourner. « Elle adore apprendre », explique Fatouma. « C'est chez elle ici. » Les petites sœurs de Lana étaient également ravies de retourner dans l'espace adapté aux enfants et de retrouver un sentiment de normalité. Fatouma est heureuse que ses filles aient un endroit où elles peuvent apprendre et être en sécurité.

 

Photo : Lana sur les marches du centre éducatif, avec sa mère Fatouma debout derrière elle.