« Nous sommes toujours vivants, et c’est ça qui est important. » | Coalition humanitaire
« Nous sommes toujours vivants, et c’est ça qui est important. »
« C’était très difficile. Il y avait des enfants, des personnes âgées et des personnes handicapées »

Gregoria Frómeta dit généralement ce qu’elle pense.

Mais au sujet de l’ouragan Matthew, qui a dévasté Cuba et son village de Mata-Guandao, elle n’est pas très loquace : il y a certaines choses qu’il vaut mieux oublier.

« Je n’ai jamais vu quelque chose du genre », dit cette mère de trois enfants, maintenant à la retraite.

Matthew est loin d’être le premier ouragan à avoir frappé Cuba, mais il était d’une intensité sans précédent, explique Gregoria.

Les ravages de l’ouragan sont toujours visibles plusieurs mois après son passage. Dans le village de Mata-Guandao, la vie a lentement repris son cours. Tout le monde ici connaît Gregoria, qui a consacré sa vie à sa communauté.

Pendant la tempête, 95 personnes se s’ont réfugiées chez elle.

Sa maison n’est pas spacieuse, mais plusieurs familles y ont pleuré et prié, et ont survécu à l’ouragan. « C’était très difficile. Il y avait des enfants, des personnes âgées et des personnes handicapées », se rappelle Gregoria.

Les gens ont emporté tout ce qu’ils pouvaient prendre avec eux, pour faire face à l’adversité. Le lendemain matin, Gregoria n’a pas reconnu son voisinage. Le paysage de cocotiers avait été rasé.

Le rétablissement nécessitera beaucoup d’efforts.

À Mata-Guandao et dans le village voisin de Rosa de Mata, Oxfam Canada a aidé plus de 2 000 familles à retrouver leurs moyens de subsistance, grâce au Fonds canadien pour l’assistance humanitaire. Son intervention d’urgence était axée sur l’eau potable, l’hygiène et l’assainissement.

Gregoria explique que le filtre à eau et le réservoir font maintenant partie intégrante de sa maison et qu’elle utilise encore la plupart des articles d’hygiène qu’elle a reçus.

« Le rétablissement se fait petit à petit, et nous ne devons pas perdre espoir », murmure-t-elle, comme si elle se parlait à elle-même. « Nous sommes toujours vivants, et c’est ça qui est important. »

Un sourire apparaît sur ses lèvres.

le 6 octobre 2017
coalition